ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE 2022 : Les propositions des hôpitaux et cliniques privés à missions

Nos propositions

1. LA SANTÉ POUR TOUT.E.S, PARTOUT

2. DES MISSIONS AU SERVICE DES PATIENTS

3. CROIRE AU PROGRÈS ET FAVORISER L’INNOVATION EN SANTÉ

4. UNE CULTURE DE SANTÉ PUBLIQUE

5. INVESTIR POUR LA SANTÉ

6. LA SOCIÉTÉ DU SOIN DE DEMAIN

1. LA SANTÉ POUR TOUT.E.S, PARTOUT

Assurer à tout citoyen l’accès aux soins en tous points du territoire, en temps normal comme en temps de crise

 J’ai confiance dans mon médecin, ou quand je vais à l’hôpital. On s’occupe bien de moi. Mais la santé en France manque de moyens. Je ne suis pas sûre que mes enfants seront soignés plus tard, aussi bien que je le suis. Autour de moi, je vois aussi beaucoup de personnes qui ont du mal à se faire soigner, pour différentes raisons.

Parole d’un patient

30% des Françaises et des Français sont inquiets pour l’avenir de leur santé et de celle de leurs proches, et 54 % estiment que le système de santé s’est dégradé, avec un ressenti très fort : celui d’inégalités de santé persistantes. 69% des Français – c’est considérable – pensent que nous ne sommes pas tous égaux en matière de santé1. Vulnérabilité engendrée par la maladie, impacts du confinement, retards de soins, renoncement aux soins pour raisons financières… accroissent cette inquiétude. Il y a eu 1,5 million d’hospitalisations en moins entre 2019 et 2020 en médecine et chirurgie. La cartographie des personnes vaccinées en France met une nouvelle fois en valeur les inégalités territoriales et sociales. Quant à la fracture territoriale d’accès aux soins, elle se double souvent d’une fracture numérique.

Après deux ans de crise sanitaire, qui plane toujours comme une menace, il y aura lors du prochain quinquennat des fractures à combler et des fragilités à réparer. Deux orientations fortes y contribueront : une approche au plus près des réalités de santé spécifiques aux territoires, au sein d’une démocratie territoriale de santé à laquelle chacun contribuera sans distinction de statut (public et privé), incluant élus et usagers ; et la volonté politique, portée par les acteurs de santé, de s’inscrire dans une démarche proactive « d’aller-vers » les personnes les plus éloignées du système de santé.

Les hôpitaux et cliniques privés à missions, acteurs de la prise en charge globale du patient, sont présents partout sur le territoire national : en médecine/chirurgie/obstétrique, en soins de suite et de réadaptation, en psychiatrie, en hospitalisation à domicile. Par leur présence et leurs missions de santé au public, ils assurent à la population une réelle accessibilité à des soins de proximité de qualité, répondant aux besoins des territoires. Leurs 130 services d’urgences, leurs maternités, le développement des centres de santé en leur sein, en témoignent.

1. Observatoire sociétal FHP-Viavoice, septembre 2021

  • Amplifions la coopération des acteurs de santé (public et privé, hôpital et médecine de ville, sanitaire et médico-social) pour une offre de soins qui réponde pleinement aux besoins des patients, de la manière la plus ajustée aux spécificités sociales et environnementales des territoires
  • Incluons pleinement les hôpitaux et cliniques privés à missions dans les politiques de renforcement de l’accessibilité, de la continuité et de la permanence des soins
  • Donnons les moyens de faire vivre une démocratie territoriale de santé vivante, qui réunisse les acteurs de santé, les élus, les ARS et les usagers Impliquons les patients dans la définition des priorités des politiques de santé dans chaque territoire
  • Inscrivons l’ensemble des acteurs de santé dans une démarche proactive « d’aller-vers », voire « d’aller-chercher », les personnes les plus éloignées du système de santé
  • Proposons un bilan de santé aux personnes en situation de vulnérabilité sociale et aux personnes n’ayant pas consulté de médecin depuis plus de deux ans
  • Intégrons les réalités de vulnérabilité sociale dans la conception des parcours de santé pour améliorer la prise en charge des patients et parer aux renoncements aux soins
  • Lançons une grande Campagne nationale de rattrapage des retards de soins causés par la pandémie
  • Impulsons une campagne massive de dépistage des cancers sur 2022 et 2023
  • Assurons un déploiement réussi de Mon Espace Santé, qui doit prioritairement être un outil d’accessibilité aux soins et d’appropriation par les patients de leur parcours santé en lien avec les professionnels de santé

Les règles du jeu pour être au service de ces ambitions et de ces valeurs

UN ÉLAN EN FAVEUR DE L’E-SANTÉ ET DU PARTAGE DES DONNÉES
  • Développer le numérique, accélérer et incarner la mise en place du Health Data Hub, clarifier les enjeux d’usage et de valorisation des données.
  • Unifier la gouvernance des données et mettre en place un système d’information permettant un pilotage du système de santé par la donnée en temps réel.
UN BIG BANG DE LA FORMATION
  • Impulser un véritable « big bang » de la formation pour remédier de toute urgence à la pénurie de main-d’œuvre subie par le secteur de la santé. Un pilotage interministériel santé/enseignement supérieur/travail sur les enjeux de formation et d’emploi doit être opérationnel au plus vite.
  • Faire tomber les cloisons entre les métiers et entre les secteurs. Le Ségur de la Santé a permis une revalorisation des salaires des soignants. Il convient à présent d’aller plus loin dans le renforcement de l’attractivité, par une fluidité dans les parcours et les carrières et une attention constante portée à l’équité de traitement entre professionnel.es du public et du privé.
UNE FRANCE ET UNE EUROPE FORTES FACE AUX CRISES
  • Renforcer la coopération européenne et restaurer des pans de souveraineté sanitaire. Il s’agit de reconquérir des pans d’indépendance économique, afin que la production de certains matériels et médicaments indispensables à la vie du pays puisse revenir sur le sol national ou européen.
  • Renforcer la coopération interministérielle pour développer la culture industrielle en santé.
  • Promouvoir les atouts français et européens en matière d’industries et de technologies de santé.
  • Mieux valoriser et positionner les acteurs de la gestion de crise au sein des administrations.
  • Mener une pédagogie auprès des citoyens sur l’apport de l’Europe et d’une action concertée avec les autres pays européens, en s’appuyant sur la réussite des achats communs de vaccins.
UNE VRAIE PROSPECTIVE EN SANTÉ
  • Organiser la prospective en santé et l’articuler avec la prise de décision des pouvoirs publics en associant citoyens, usagers, acteurs et professionnels de santé, et en se basant sur les données.
  • Travailler cette prospective en s’appuyant sur les risques, prévisibles ou non, les opportunités et les sauts technologiques, des données homogénéisées, et une réflexion sur la gouvernance de cette prospective : aujourd’hui éparpillée entre différents organismes, elle doit être plus lisible et ne pas être pensée à travers le seul prisme national, mais à l’échelle de l’Europe. La prospective en santé permettra de dégager les priorités à décliner dans le cadre d’objectifs et de financements pluriannuels.
UN PATIENT AU CŒUR DES ENJEUX
  • Fonder la pertinence des soins sur les bonnes pratiques des professionnels, mais aussi sur l’évaluation par les patients de la pertinence des soins prodigués.
  • Systématiser la mesure de l’expérience patient dans les établissements de santé et valoriser les savoirs expérientiels des patients.
  • Introduire dans Mon Espace Santé un outil de recueil de l’expérience patient et de l’amélioration de la qualité de vie à court, moyen et long terme.
  • Tirer les leçons de la crise sanitaire et faire progresser la prise en considération de la démocratie sanitaire et la prise en considération de la société civile.
UNE MEILLEURE GOUVERNANCE POUR RÉHUMANISER LE PARCOURS
  • Repenser le pilotage, l’organisation et la gouvernance de la santé : les Agences Régionales de Santé ont su, après des débuts difficiles, animer leurs territoires pendant la pandémie. Le renforcement de leurs missions de régulation et d’animation des territoires, affranchies de toute tutelle administrative et financière de l’offre hospitalière publique mais impliquant plus étroitement les élus et les usagers, consolidera leur légitimité.
  • Remédier aux cloisonnements. La gouvernance nationale est caractérisée par une organisation en silos, la multiplicité des directions et des agences, et l’absence de production efficiente et en temps réel de données. Pour favoriser les parcours, encourager responsabilité et implication, il faut clarifier, simplifier et décloisonner la gouvernance nationale, coordonner les acteurs, développer les indicateurs de santé et utiliser le financement comme outil de pilotage.
  • Renforcer la fluidité des relations entre les établissements de santé, les professionnels de santé libéraux, les établissements médico-sociaux, au service du parcours d’un patient pris en considération dans toutes ses dimensions : état de santé, situation sociale, cadre de vie… Alors que la maladie vient bouleverser le quotidien de la personne et de ses proches, se surajoute la complexité d’un système de soin fonctionnant de façon trop cloisonnée.
  • Prendre toute décision en santé à l’aune d’un critère central : l’effectivité du service rendu au patient, à travers des soins de qualité et pertinents et la simplification de son quotidien avec la maladie.

Nos questions aux candidat.e.s déclaré.e.s au 7 mars 2022

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